Quelques portraits de nos pensionnaires

Mamour dit « le bricoleur »

Sauvé de l’abattage à l’âge de quelques semaines par une militante, elle nous a appelé suite à un placement inadapté.

Etincelle, « celle que personne ne voulait tuer »

A l’âge de 15 jours, elle a été ballotée de propriétaire en propriétaire dans le seul but d’en trouver un qui parviendrait à la tuer pour consommation. Le dernier n’ayant pu le faire à son tour, il l’a laissée dépérir dans une petite cour. C’est là qu’une militante l’a repérée et nous a appelé. 

Mylène

Nous l’avons accueillie suite à la demande d’un agriculteur/chasseur voisin. Elle vivait auparavant avec sa sœur, lorsque cette dernière est décédée, elle s’est retrouvée seule et sans congénère. Nous avons accepté de l’accueillir afin qu’elle retrouve une vie sociale. Nous espérions que cela créerait un « pont » avec les chasseurs locaux et qu’ils éviteraient de menacer la vie de nos pensionnaires dont elle faisait maintenant partie mais il n’en fût rien.

Rosa, « le plus mignon de tous les petits cochons »

Nous l’avons accueilli pour venir en aide à un autre sanctuaire qui devait fermer. Rosa a été offert en cadeau à un agriculteur, qui l’a jugé « trop petit » pour être mangé et l’a placé dans le recoin d’une stabulation sombre sans contact avec qui que ce soit et une nourriture aléatoire. L’association Jellyfish a pu le récupérer et ainsi le sauver d’une « vie » ressemblant davantage à une longue agonie pour un être aussi sociable et intelligent que le cochon.

Lulu, dit « le grognon »

Lulu était bien tombé mais un accident dans la vie de sa gardienne l’a forcé au placement de ses animaux. Une annonce sur le Bon Coin a attiré notre attention, il était placé dans le noir, le descriptif était sommaire et Lulu n’avait pas le profil « du mignon petit cochon » qu’une famille pourrait avoir envie d’adopter… De fait, toutes les personnes ayant appelé se sont davantage renseignées sur son poids que son caractère… 

Allya, dit « ‘Miss Miaou »

Elle a d’abord été adoptée par une personne âgée en SPA. A son décès, sa « fille de cœur », à qui elle avait tout légué, s’est empressée de mettre les deux chattes à la porte en plein hiver. Allya n’était pas du tout habituée à une vie en extérieur, elle s’est retrouvée seule, sans nourriture, dans le froid, sans plus aucun repère. Une association a été alertée et l’a récupérée. Nous avons accepté de l’accueillir avec sa compagne, une chatte sauvage.

Raphaël, le survivant

Seul survivant de son groupe après sauvetage, à l’âge d’1 mois et demi, d’élevage intensif (juste avant abattage). Raphaël est un symbole des dérives de l’élevage, de la modification génétique néfaste et de la quasi absence de défenses immunitaires de ces animaux. Il est suivi par une clinique spécialisée pour un début de nécrose osseuse à la hanche et une hyperthyroïdie. Il est sous anti-inflammatoires à vie. Malgré cela, il vit bien et s’épanouit dans son environnement boisé.

Isis, « le pin’s »

Sauvée avec ses trois chatons, alors âgés de quelques semaines, de chez un particulier après signalement. Tous étaient atteints de coryza à un tel stade que l’un des chatons n’a pas survécu, elle est morte dans nos mains. L’un des survivants (Jones) vit encore avec elle au sanctuaire, la seconde a été adoptée par un couple de militantes en or.

Isis a conservé une foi et un attachement inébranlables envers l’humain. Ultra sociable, elle est partout où vous êtes et peut passer des heures sur votre épaule. Elle ne craint rien et revendique un statut de déesse marqué par son air « outré » si vous la repoussez !

Freya, l’exploratrice

Sauvée par un ami du sanctuaire alors qu’elle se trouvait bloquée à 23h dans un tuyau étroit au sein d’une ruine, elle était âgée d’environ 3 semaines. Son nom est un hommage à la femelle morse d’Oslo euthanasiée à cause de la bêtise humaine.

Albert, la chaîne de solidarité qui sauve des vies

Il vivait avec une chèvre sur la propriété d’une personne en situation précaire. A sa mort, les voisins se sont pour ainsi dire précipités pour savoir qui les tuerait pour les manger… D’un premier témoin au sauvetage par une association ne possédant pas de structure d’accueil, ils sont arrivés à Little Phœnix. Albertine est malheureusement décédée peu de temps après leur arrivée. Albert est l’un de nos plus anciens pensionnaires.

Boucky, un parmi tant d’autres…

Combien de chèvres vivent seules, à l’attache toute leur vie ? Nous en voyons partout, notamment ici, en Charente. Espèce sociable par excellence, qui a besoin d’espace, de communication, d’exercice… Cette condamnation à la solitude est une torture. C’était le cas de Boucky, enchaîné toute sa vie durant et qui n’avait connu ses congénères qu’à la naissance. Il a été libéré à l’âge estimé de 4 ans.

Cahuet, la cheffe

Trouvée errante sur un parking puis transférée à la SPA locale, nous avons répondu à la demande de prise en charge de la part d’une bénévole du refuge. Cahuet est la plus petite chèvre du troupeau et… la cheffe incontestée !

Pirou, alias « Satan » alias « Tatie Danielle »…

Pirou est un cas unique, tyrannique avec les femmes dans son heure de gloire, elle s’est apaisée avec le temps. En réalité, lorsqu’on la connaît bien et qu’elle accorde sa confiance, c’est un amour de chèvre.

Elle semait la terreur dans son quartier, ses gardiens ne savaient plus que faire. Nous l’avons accueillie au sanctuaire où nous avons passé des années à gagner sa confiance et à parvenir à la faire cohabiter avec d’autres animaux.

Yana, une injustice sans nom

Exception de son espèce parmi nos pensionnaires, nous l’avons recueillie en urgence alors que sa gardienne a décidé de se débarrasser d’elle à plus de 12 ans, après 10 ans de vie commune.  Habituellement, nous n’accueillons pas les chiens, trop complexes à faire cohabiter avec des animaux de ferme sans danger. Face à sa situation dramatique, nous avons fait une exception et avons tenté de la prendre au sanctuaire. Malheureusement, nous avons dû y renoncer car elle représentait un danger immédiat pour tous. Nous l’avons ainsi transférée au sein d’une pension de confiance (que nous payons chaque mois) où elle reçoit plus d’attention qu’elle n’en a eu de toute sa vie et où elle profite d’une vieillesse heureuse et d’une prise en charge de son arthrose. 

Elliott et Celeborn, le mal ordinaire…

Âgés de 15 jours, ils étaient sur Le Bon Coin en tant que « chevreaux prêts à consommer ». Il faut savoir que de nombreux chevreaux et agneaux sont ainsi vendus et abattus par des particuliers sans aucun contrôle. 

Sauvés in extremis du couteau ils forment aujourd’hui un duo adorable et épanoui.

Nous accueillons toujours 31 chats mais avons cessé les prises en charge pour cette espèce afin de limiter notre capacité à ce nombre d’individus raisonné, en termes de budget, d’ententes, de pression sanitaire, de temps de travail et de potentiels soins à effectuer.

Nous avons accueilli un troupeau de bovins durant plus de 7 ans, qui est monté jusqu’à 14 individus (nous avons pu sauver 17 bovins au total), tous sauvés de l’abattoir. Nous n’avons pas pu maintenir leur accueil, faute de moyens humains suffisants. La Fondation Brigitte Bardot a accepté de les prendre en charge au sein de l’une de ses pensions, sans les séparer.